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Traitement des effluents en industrie cosmétique/pharmaceutique

Les sites de production cosmétique et pharmaceutique génèrent des effluents dont la composition diffère nettement de celle des eaux usées domestiques ou même de nombreux effluents agro-industriels. Résidus de formulation, tensioactifs, émulsifiants, solvants, voire traces de principes actifs : ces rejets nécessitent une attention particulière avant leur évacuation vers le réseau collectif ou le milieu naturel. Cet article présente les enjeux de ce secteur, à la fois pour un lecteur découvrant le sujet et pour un responsable environnement ou QHSE souhaitant approfondir les aspects techniques et réglementaires.

Des effluents aux caractéristiques particulières

Les eaux de process et de nettoyage issues de la fabrication cosmétique ou pharmaceutique présentent souvent une charge organique variable, une présence de tensioactifs (agents moussants et émulsifiants), des résidus de matières grasses, de colorants, de conservateurs, et parfois des traces de composés actifs difficilement biodégradables. Le pH peut également varier fortement selon les opérations de nettoyage des cuves et des lignes de conditionnement (CIP, pour "cleaning in place" - nettoyage en place des équipements sans démontage). Cette variabilité de charge et de composition constitue le principal défi de dimensionnement d'une filière de traitement adaptée.

Un cadre réglementaire souvent lié au statut ICPE

De nombreux sites de production cosmétique ou pharmaceutique relèvent de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), selon la nature et le volume de leur activité. Le régime applicable (déclaration, enregistrement ou autorisation) détermine le niveau d'exigence en matière de traitement et de surveillance des rejets. Pour les installations soumises à autorisation, l'arrêté préfectoral fixe des valeurs limites d'émission (VLE) propres au site, qui tiennent compte de la sensibilité du milieu récepteur et de la nature spécifique des substances utilisées en formulation.

Certains sites pharmaceutiques peuvent également être concernés par des exigences complémentaires liées à la présence de résidus médicamenteux dans les eaux, sujet faisant l'objet d'une attention croissante des autorités environnementales, sans que des seuils harmonisés généralisés n'existent nécessairement à ce jour pour l'ensemble des substances. En cas de doute sur les obligations spécifiques applicables à un site, il convient de se référer à l'arrêté préfectoral en vigueur et, le cas échéant, de solliciter l'inspection des installations classées.

Rejet au réseau collectif : une convention de déversement indispensable

Lorsque l'effluent est envoyé vers une station d'épuration urbaine, une convention de rejet ou une autorisation de déversement est généralement requise auprès du gestionnaire du réseau. Celle-ci fixe des seuils de prétraitement à respecter avant rejet, afin de ne pas perturber le fonctionnement biologique de la station collective ni dégrader la qualité des boues produites. Les tensioactifs et certains conservateurs peuvent en effet inhiber l'activité bactérienne des traitements biologiques s'ils sont présents en excès.

Pour aller plus loin : les filières de traitement envisageables

Le choix d'une filière de traitement dépend étroitement de la nature des effluents générés par chaque site :

  • Prétraitement physico-chimique : dégrillage, déshuilage/débourbage, voire coagulation-floculation pour capter les matières en suspension et une partie des tensioactifs et colorants avant traitement biologique.
  • Traitement biologique : boues activées ou biofiltration, sous réserve d'une acclimatation de la biomasse à la charge polluante spécifique et d'une régulation fine du pH et de la température, particulièrement sensibles dans ce secteur.
  • Traitement tertiaire : selon les VLE fixées, un traitement complémentaire (filtration, adsorption sur charbon actif, oxydation avancée) peut être nécessaire pour abattre les composés les plus récalcitrants ou les traces de principes actifs.

Le dimensionnement doit également intégrer la variabilité de production (campagnes de fabrication, nettoyages ponctuels générant des pics de charge) grâce à des bassins de tamponnage permettant de lisser les débits et les concentrations avant traitement.

Autosurveillance et traçabilité

Comme pour toute ICPE soumise à autorisation, un programme d'autosurveillance des rejets est généralement imposé, avec une fréquence de mesure définie par l'arrêté préfectoral et une transmission périodique des résultats à l'inspection des installations classées. Cette traçabilité est d'autant plus importante dans ce secteur qu'elle peut être demandée lors d'audits qualité ou d'inspections sanitaires complémentaires à la réglementation environnementale.

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